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Balades insolites au coeur du 14ème arrondissement

C'est le moment de profiter des beaux jours ! La Mairie de Paris et l'Office de Tourisme ont créé de nouveaux guides pour découvrir Paris autrement.

Voici une des balades insolites au coeur du 14ème arrondissement. 

La semaine prochaine Storie vous proposera une autre promenade autour de Montparnasse. Si vous avez de jolies images de notre quartier, n'hésitez pas à les partager sur #storieparis, elles pourront ainsi être vues par les amis de Storie et les amoureux de notre joli quartier parisien.  Flânez joyeusement et bonne balade !

Storie à Montparnasse - Denfert-Rochereau

Avenue Denfert-Rochereau – Paris 14

 

BALADE 1 : PASSION ARCHITECTURE

Le 14ème, c’est l’arrondissement idéal pour traverser les différentes époques de la créativité architecturale. Du modernisme à la modernité, d’une tentative étonnante à la plus réussie des audaces, tout a été osé, tout a été envisagé dans cet arrondissement si charmant, tellement surprenant.

Storie à Montparnasse - Ballade Architecturale

 

De Port Royal à Montparnasse, en passant par le cœur battant de l’arrondissement, nous vous entraînons pour une balade le nez en l’air, les yeux écarquillés et l’appareil-photo prêt à se déclencher !

Storie à Montparnasse - L'Observatoire

L'Observatoire de Paris - Paris 14

 

1. RUE CASSINI

Si le premier arrêt de notre balade architecturale se situe rue Cassini, nous vous recommandons de commencer votre parcours à la gare de RER Port Royal. Admirez cette petite gare construite en 1895, elle est la première gare intramuros à être disposée à cheval sur les voies, faute de place. Devant vous, au loin, c’est l’Observatoire… qui vous observe ! Balade archi, c’est parti ! C’est dans la rue Cassini toute proche que nous vous entraînons. Le 3bis et le 5 Pourquoi la rue Cassini ? Parce qu’elle abrite des architectures fascinantes. Jetez un œil aux numéros 3bis et 5, des hôtels particuliers dotés d’ateliers d’artistes en briques jaunes pour l’un, rouge pour l’autre, conçus dans un style inspiré par le Moyen-âge. Tous deux ont été dessinés par l’architecte Louis Süe, entre 1903 et 1906. Le 12 La star de la rue Cassini, c’est le n°12 : un immeuble d’ateliers d’artistes datant de 1930, signé Charles Abella. Ni Art Déco, pas encore cubiste, cet immeuble de béton est conçu en plusieurs blocs. Admirez la belle harmonie des volets en bois, jetez un œil à la frise en bas-relief signée Xavier Haas et sachez que Jean Moulin a vécu dans cet immeuble.

Storie à Montparnasse - Rue Cassini

Rue Cassini – Paris 14

 

Storie à Montparnasse - Rue Cassini

Rue Cassini – Paris 14

 

2. LA FONDATION CARTIER ET SES JARDINS

Nous voilà boulevard Raspail, face à la Fondation Cartier ! Un espace muséographique dont les expositions temporaires sont souvent passionnantes, n’hésitez pas à entrer ! Mais ici, c’est l’architecture notre sujet. Et celle-ci est signée par l’architecte français Jean Nouvel. De cette réalisation sortie de terre en 1994, l’architecte a dit « le bâtiment appartient à la pluie comme au vent. Il est un tissu d’ambiguïtés qui joue sur la limite des contours, joue du reflet dans le reflet. » C’est poétique et juste : admirez comme la lumière joue avec la structure. Son « monument pour Paris », Nouvel l’a voulu ouvert, transparent, évolutif – il change avec les feuilles des arbres, la météo. Une architecture libre, ouverte, qui joue sur les propositions des artistes qui exposent à la Fondation Cartier. Promenez-vous dans les jardins, photographiez, découvrez les œuvres qui les parsèment, savourez la proposition architecturale de Jean Nouvel ! Et si vous voulez creuser et tout savoir, sachez que la Fondation Cartier organise régulièrement des « visites architecturales ».

Storie à Montparnasse - Fondation Cartier

Les Jardins de la Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail – Paris 14

 

3. CAMONDO ET L’ECOLE SPÉCIALE D’ARCHITECTURE

La Fondation Cartier vous a ébloui ? Tournez la tête : pile en face un étrange bâtiment post-moderne vous toise. C’est le bâtiment de l’école Camondo, qui accueille également l’Ecole Spéciale d’Architecture (ESA)! Une école qui forme des designers et architectes d’intérieur… et l’autre qui forme des architectes ! (Sachez pour la petite histoire que Pierre Paulin, Philippe Starck, Jean-Michel Wilmotte sont passés par Camondo, et l’ESA a formé rien moins que Robert Mallet-Stevens !) Conçu en 1988 par les architectes Cuno Brullmann et Arnaud Fougeras-Lavergnolle, ce bâtiment se veut « high-tech ». Et il faut admettre qu’avec sa structure métallique apparente et ses façades vitrées soulignées de couleurs vives, Camondo détonne et dynamite l’esthétique parisienne traditionnelle.

Ecole Camondo / Ecole Spéciale d’Architecture, 254 boulevard Raspail – Paris 14 Les architectes en devenir sont bien inspirés dans ce quartier !

 

4. LES PAVILLONS LEDOUX ET LE MUSÉE DE LA LIBÉRATION DE PARIS / MUSÉE DU GÉNÉRAL LECLERC/ MUSÉE JEAN MOULIN

Le Musée de la Libération de Paris résidait jusqu’à présent au-dessus de la Gare Montparnasse. Il ouvrira le 27 août 2019 place Denfert-Rochereau, installé dans les Pavillons Ledoux qui ponctuent la place. Les pavillons hier Bâtis en 1787 par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, les « Pavillons Ledoux » constituent en réalité un vestige de portes du mur des Fermiers Généraux qui encerclait Paris. Ces portes avaient pour fonction de récolter l’Octroi – la taxe sur l’entrée des marchandises dans la capitale. Pour la petite histoire, Ledoux a réalisé de nombreuses autres portes : Belleville, Montreuil, Montmartre, Charenton, Ménilmontant, Reuilly, Ecole militaire… A chaque fois, une revisite du style classique avec colonnes, frontons et arcades. Les pavillons demain Entièrement rénovés, repensés, réhabilités, ces pavillons accueilleront à l’est l’entrée des Catacombes, à l’ouest le nouveau Musée dès le 27 août 2019, à l’occasion du 75e anniversaire de la libération de Paris.

Storie à Montparnasse - Pavillon Ledoux

Pavillons Ledoux / Musée de la Libération de Paris, place Denfert-Rochereau – Paris 14

 

5. L’ANNEXE DE LA MAIRIE DU 14ÈME ARRONDISSEMENT – UN CHEF D’ŒUVRE ART DECO TOTALEMENT INTACT ET CLASSÉ MH

Elle a fière allure, cette annexe de la Mairie du 14ème arrondissement ! Toute de briques vêtue, elle constitue un témoignage parfait de l’architecture cubique des années 1930. Impressionnant, presque martial, massif, ce bâtiment conçu par l’architecte G. F. Sébille, un spécialiste des bâtiments municipaux, traduit la complexité de la période troublée de l’entre-deux-guerres.

Prenez le temps d’admirer les grilles de la porte signées Raymond Subes. Mais ne restez pas dehors ! La décoration intérieure est elle aussi impressionnante : hall et escalier de marbre, vitraux, sans oublier les bas-relief signés Raymond Delamarre. Ne ratez pas à l’étage la salle des fêtes avec son magnifique vitrail de Louis Barillet et ses fresques murales de l’entredeux guerre. Notez que des expositions gratuites très intéressantes y sont souvent proposées.

Mairie annexe, 26 rue Mouton-Duvernet, Paris 14

 

6. LA VILLA SEURAT

Baptisée en hommage au peintre Georges Seurat, cette voie privée a été lotie au début du XXème siècle pour les artistes fauchés de Montparnasse, les Montparnos (découvrez d’ailleurs notre balade « Montparnasse et ses artistes »). C’est l’architecte André Lurçat qui s’est chargé de bâtir pas moins de 8 villas, d’une splendide homogénéité, dans la villa Seurat. 8 bâtisses conçues sur mesure ou presque pour les artistes en mal d’ateliers. De Chaïm Soutine à Salvador Dali, de Henry Miller à André Derain, nombre de peintres et d’écrivains ont posé leurs valises villa Seurat pour profiter du calme bucolique propice à la création.

Storie à Montparnasse - Villa Seurat

 

Numéro 1 : faisant l’angle avec la rue de La TombeIssoire, c’est la maison-double de l’écrivain Frank Townshend. Une maison-double au sens littéral : il s’agit réellement de deux maisons avec chacune sa cuisine, salle de bain, atelier, living-room et chambre. Numéro 4  : cette maison en forme de L, propriété du frère André Lurçat, le peintre, céramiste et tapissier Jean Lurçat, fut la première bâtisse construite dans la villa. Numéro 7bis : cette maison détonne, si différente des autres. Et pour cause, elle fut bâtie par Auguste Perret (et non André Lurçat) pour la sculptrice d’origine ukrainienne Chana Orloff qui y avait son atelier. Atelier musée aujourd’hui, il se visite tous les vendredis, samedis et dimanches après-midi, sur réservation. Vous pouvez également admirer une de ses statues, Mon Fils Marin, inaugurée pour les 100 ans de l’artiste en 2018 sur la Place des Droits de l’Enfant à l’intersection des rues Alésia-Tombe Issoire et Sarrette. Numéro 18 : c’est dans cette maison de brique que l’écrivain américain Henry Miller écrivit son célèbre « Tropique du cancer ». Anaïs Nin, Soutine ou encore Antonin Artaud séjournèrent également dans cette bâtisse.

 

7. LA RUE DU MOULIN VERT

On continue notre balade architecturale en remontant la petite rue du Moulin Vert. Au n°7, ne manquez pas le dragon de mosaïques qui orne la façade de ce bâtiment en briques années 1930. Au n°23, vous remarquerez un étonnant immeuble étroit des années 1930 avec ses 3 ateliers et leurs verrières.

Storie à Montparnasse - Dragon Rue du Moulin Vert

Rue du Moulin Vert, Paris 14

 

8. LA VILLA D’ALÉSIA

Façades Art Déco et Art Nouveau, maisons d’architectes et ateliers d’artistes ou d’artisans : bienvenue dans la splendide Villa d’Alésia, ou le musée d’architecture à ciel ouvert (musée vivant, néanmoins, ces maisons sont habitées, pensez à respecter l’intimité de leurs occupants). La Villa d’Alésia, c’est déjà une étrange voie en forme de Y, mais ce sont surtout des bijoux d’architecture, suivez le guide : N°37bis / De la brique… et des verrières : devant, audessus, partout ! Vous êtes face à l’ancien atelier du peintre Henri Matisse (c’est désormais le local de L’atelier Terre & Feu, une école d’art). N°43 / Admirez les larges verrières ceinturées de peinture verte : le 43 est aujourd’hui un studio de photographie C’est également dans cette voie qu’on trouve la belle maison du peintre Auguste Leroux, et la grande verrière du sculpteur animalier Sandoz.

Storie à Montparnasse - La Villa d'Alésia

Villa d’Alésia - Paris 14 La villa est accessible par le 111 ter rue d’Alésia et le 39 rue des Plantes

 

9. RUE LOUIS MORARD

Vous avez aimé les ateliers de la Villa Alésia ? Vous allez adorer les bow-windows de la rue Louis Morard ! Du 9 au 19 de la rue Morard, c’est une succession de bow-windows de toutes sortes et de tous styles : une vision étonnante et un peu magique que vous adorerez sans aucun doute photographier ! Rue Louis Morard – Paris 14

 

10. « LES GRANDES BOUCHES »

Elles ne s’appellent pas officiellement comme cela, ces tours du quartier Plaisance. Mais c’est ainsi qu’elles ont été surnommées par leurs habitants. En observant leurs balcons, vous comprendrez aisément ! Cette réalisation typique des « grands ensembles » des années 1960 a été conçue par l’architecte Jean Balladur entre 1968 et 1970 avec la collaboration de Jean-Bernard Tostivint. De Jean Balladur, on retient surtout son œuvre la plus célèbre : la station balnéaire de La Grande Motte, dans l’Hérault.

« Les grandes bouches », 28 rue Decrès, 139 rue de l’Ouest et 178 rue d’Alésia – Paris 14

 

10. EGLISE NOTRE-DAME DU TRAVAIL

Avez-vous déjà visité une église à la charpente métallique ? Non ? Alors découvrez la belle et très étonnante église Notre-Dame du Travail, au bord des voies ferrées de la gare Montparnasse. De l’extérieur, rien ne laisse présager ce qui vous attend en passant les portes de cette église, conçue par et pour « le peuple ». Ce qui vous émerveillera dès votre entrée, c’est son incroyable charpente métallique apparente, totalement inattendue dans un édifice religieux. Elevée grâce à une souscription en 1900, année de la grande exposition universelle qui légua tant à Paris, cette église a été pensée pour les ouvriers alentour. Et cette charpente métallique étonnante témoigne tout à la fois des contraintes budgétaires liées à sa construction (les 135 tonnes de fer qui permirent la construction de la charpente ont été récupérées des ruines du Palais de l’Industrie construit pour l’Exposition universelle), de l’esprit moderniste de l’époque mais aussi d’une volonté de permettre aux ouvriers qui la fréquentaient de s’y sentir « chez eux », on se croirait presque dans une usine au tournant du siècle.

Storie à Montparnasse - Notre Dame du Travail

Eglise Notre-Dame du Travail, 59 rue Vercingétorix – Paris 14

 

11. LA PLACE DE CATALOGNE & RICARDO BOFILL

Vous voilà arrivés au cœur de l’un des temples de l’architecture parisienne récente : les places de Catalogne, de Séoul et de l’Amphithéâtre. Aménagées en 1985, la Place de Catalogne et les deux places qui l’entourent (place de Séoul et place de l’Amphithéâtre) sont l’œuvre de l’architecte catalan Ricardo Bofill. Alors que la place de Catalogue avec sa fontaine emblématique (un plan noir incliné signé Shamaï Haber) est ouverte à la circulation, les deux autres places sont piétonnes et abritent des espaces verts. Ainsi, si vous empruntez la place de Séoul, vous vous retrouvez au centre d’un jardin de buis à la française, cerné par un vaste immeuble vitré en forme d’ellipse que Bofill a baptisé « Les Echelles du Baroque » - ce sont des logements sociaux tout autant qu’une véritable œuvre architecturale. Dans ce micro-quartier, vous aurez peut-être la sensation étrange de vous trouver dans un film de science-fiction ou bien au cœur d’un peplum intergalactique, entre colonnades classiques et modernité absolue. Pour en savoir plus sur le travail de Ricardo Bofill : http://www.ricardobofill.com/ - Place de Catalogne – Paris 14

 

13. LE JARDIN ATLANTIQUE & L’IMMEUBLE MAINE MONTPARNASSE II Situés de part et d’autre du Jardin Atlantique, petite merveille de technologie et de verdure cachée sur le toit de la gare Montparnasse depuis 1994, les immeubles Maine-Montparnasse I et MaineMontparnasse II sont deux barres de logements bien antérieures au jardin puisqu’elles ont été construites entre 1959 et 1966 par l’architecte Jean Dubuisson. D’un point de vue architectural, c’est « Maine Montparnasse II » qui nous intéresse particulièrement. Il est surnommé « Mouchotte » par ses habitants. Avec 88.000 m2 répartis sur 18 niveaux, c’est le plus grand immeuble de logements construit dans Paris. A “Mouchotte”, les façades sont non porteuses, entièrement vitrées, ce qui permet de laisser entrer une lumière abondante dans les appartements. Volontairement lisses, ces façades avec leur forme en trame faite d’éléments d’aluminium évoquent une toile de Piet Mondrian, ou le quadrillage des tissus écossais. Influencé par le Bauhaus et par l’architecture scandinave, Jean Dubuisson laisse ici sa signature la plus fameuse. D’ailleurs, Maine-Montparnasse II a reçu le label « Patrimoine du XXème siècle ». N’hésitez pas à vous perdre sur les pelouses cachées du Jardin Atlantique dans la contemplation hypnotisante du quadrillage de Mouchotte. On vous garantit un moment un peu hors du temps. Jardin Atlantique, accès par le 1 place des 5 Martyrs du Lycée Buffon – Paris 15 ou bien par le 4 rue du Commandant Mouchotte - Paris 14 ou encore directement par l’escalier près des voies 1 et 2 dans la gare Montparnasse.

Storie à Montparnasse - Jardin Atlantique

 Storie à Montparnasse - Jardin Atlantique

 

13. LA TOUR MONTPARNASSE

« La plus belle vue de Paris, c’est au sommet de la tour Montparnasse, car c’est le seul endroit où on ne la voit pas », les Parisiens aiment répéter cette boutade au sujet de cette tour si mal aimée. A son inauguration, le 18 juin 1973, la tour Montparnasse est alors la plus haute tour d’Europe occidentale (210 m de hauteur pour 58 étages). Une tour qui entreprend ces temps-ci sa mue, abandonnant ses habits sombres pour arborer une façade translucide d’ici 2023. Une mutation effectuée de concert avec l’ensemble du quartier Gaîté-Montparnasse. Pour en savoir plus sur la Tour Montparnasse, son histoire et son avenir, découvrez le site qui lui est consacré : http://www.tour-montparnasse.fr/

Storie à Montparnasse - Tour Montparnasse

Tour Montparnasse, 33 avenue du Maine – Paris 15